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lundi 6 avril 2009

Le textile plonge : les exportations en chute de 12% à fin février

Le marasme touche aussi bien les vêtements confectionnés que la bonneterie.
Pour le seul mois de février, la chute serait de 18,5%, selon l’Amith.
Les industriels prévoient une aggravation pour les deux prochains mois. Les commandes se font rares.

Les temps sont durs pour l’industrie textile. D’après les dernières statistiques de l’Office des changes arrêtées à fin février, les exportations de vêtements confectionnés ont chuté de 11,9% en valeur comparativement aux deux premiers mois de l’année précédente, à 3,3 milliards de DH (soit - 447 MDH), et de 10,7% en volume. Même la bonneterie qui avait évolué positivement en janvier (+3 % en valeur), a aussi enregistré une baisse de 4,8%, à 1,2 milliard de DH, malgré une hausse de 4,4% du poids.
Dans le secteur, on souligne que l’aggravation de la situation était prévisible en raison du recul de la consommation en Europe, en particulier les marchés anglais et espagnol qui ont été très affectés par la crise. Les estimations de l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (Amith) sont encore plus alarmantes. Selon cette association, les exportations du secteur ont dégringolé de 18,5 % pour le seul mois de février par rapport au même mois de 2007.
Les deux ou trois mois qui suivent seront certainement aussi difficiles que les deux premiers. Les professionnels pensent, en effet, que la reprise n’aura lieu qu’en juin, date à laquelle les donneurs d’ordre devraient passer ou confirmer, pour certains d’entre eux, leurs commandes. «Aujourd’hui, on note un certain attentisme chez les donneurs d’ordre qui n’ont pas encore arrêté leurs besoins. Car la majorité d’entre eux, surtout sur les marchés espagnol et britannique, ont très mal vendu en hiver et n’ont pas pu se rattraper durant les soldes puisque les ventes ont été très moyennes», explique Karim Tazi, patron du groupe Marwa. Résultat : les donneurs d’ordre disposent encore de stocks importants dont ils doivent tenir compte dans la planification des achats. Le volume des achats ne sera pas important, de l’avis de plusieurs exportateurs, vu le nombre des demandes d’échantillons. Les donneurs d’ordre sont incertains et n’ont pas encore planifié le placement de leurs commandes.

Des entreprises ont déjà réduit leur effectif
Dans l’attente de la reprise, les exportateurs se doivent de gérer les difficultés actuelles. Par exemple, face à l’effondrement du marché britannique, les entreprises situées dans les zones industrielles de Rabat, Salé et Témara sont contraintes de réduire leurs heures de travail ou comprimer leurs effectifs. Cristal Martin, entreprise spécialisée dans la maille et exportant sur le marché britannique, a été contrainte d’adopter de telles mesures.
Suite à l’effondrement de ce débouché, cette unité a vu son chiffre d’affaires chuter de 40% en 2008. La baisse s’est poursuivie au cours des deux premiers mois de 2009. Du coup, les dirigeants ont ramené le personnel de 1 300 à 750 personnes et réorganisé l’entreprise en vue de rationaliser les charges. Et pour compenser ses pertes sur le marché anglais, l’entreprise dit avoir prospecté le marché espagnol et noué des contacts porteurs.
Cristal Martin n’est pas un cas isolé. D’autres entreprises de la région de Rabat se sont tournées vers l’Espagne qui offre, à leur avis, des opportunités d’affaires. Plusieurs donneurs d’ordre, devenus plus prudents dans leurs approvisionnements, comptent quitter l’Asie pour le Maroc où ils pourront réaliser progressivement leurs commandes en optant pour des petites quantités livrables rapidement.
Le marché britannique n’est pas pour autant abandonné. Plusieurs opérateurs ont négocié avec leurs clients la possibilité de se faire payer en euros. Ce qui leur permet de compenser la dépréciation de la livre sterling intervenue en 2008. Et c’est dans le même objectif qu’ils ont également négocié une augmentation de 5% des prix des commandes.
Grâce à ces deux mesures, les exportateurs pourront reprendre quelque peu sur le marché anglais qui, selon l’Amith, a connu un frémissement en février. L’association souligne que pour le moment il est difficile d’évaluer l’impact de la crise qui ne sera maîtrisée que lorsque les entreprises bénéficieront des mesures de soutien prévues par le gouvernement.

Parapharmacie : 50% des ventes hors du circuit officiel

12 pharmaciens envisagent d’attaquer Marjane en justice : l’enseigne a décidé d’implanter des rayons spécialisés dans la parapharmacie dans ses magasins.
La loi confère le monopole de la commercialisation aux officines mais elle n’est pas respectée.
Un marché juteux : le chiffre d’affaires atteint 450 MDH.

Nous le relations dans la rubrique «En direct» de notre précédente édition (www.lavieeco.com) : le torchon brûle entre les douze pharmaciens installés dans les galeries commerciales des hypermarchés Marjane et la direction de cette enseigne. Les premiers ont décidé de saisir la justice pour concurrence déloyale parce que l’enseigne a décidé de monter des rayons consacrés à la parapharmacie dans ses différents magasins.
De manière générale, la profession, qui a récemment tenu plusieurs réunions avec la Santé, son département de tutelle, interpelle le ministère pour une modification de la législation parce qu’elle estime que la distribution des produits parapharmaceutiques se caractérise par une anarchie totale. Il s’agit précisément du dahir 17-04 relatif au code de la pharmacie qui, entre autres, définit le médicament et organise sa distribution. Dans son article 4, le dahir définit les produits parapharmaceutiques à indication thérapeutique, même s’ils ne contiennent pas de substances vénéneuses, comme des médicaments. De ce fait, sont automatiquement intégrés sur la liste les dermo-cosmétiques car ils sont prescrits par le dermatologue et ont un effet thérapeutique. On peut citer notamment les anti-rides (contenant du collagène, botox...) et les produits anti-acné. Les compléments alimentaires sont également, selon le même texte, des médicaments car, au Maroc, ces produits ne servent pas comme compléments vitaminiques autant qu’ils sont prescrits en appui à des traitements notamment en cas de pathologies chroniques lourdes, pour corriger une carence. «Ce sont donc des médicaments», précisent les pharmaciens. Il en est de même pour certains consommables et appareils utilisés en traumatologie, qui contiennent parfois des antibiotiques. Partant de cette définition, le législateur a donc institué, dans l’article 30 de la loi 17-04, le monopole de la distribution de ces produits au profit des pharmaciens.

Une partie du circuit échappe au contrôle
En clair, c’est le non-respect de la définition des produits parapharmaceutiques fixée par la loi 17-04 par les boutiques spécialisées et certains grossistes qui est donc à l’origine de cette anarchie. En effet, si, dans d’autres pays, la parapharmacie porte essentiellement sur les produits dermocosmétiques, au Maroc il y a, explique un pharmacien de Casablanca, une confusion dans la mesure où la gamme des produits vendus en parapharmacie est plutôt large. Sont également proposés dans les mêmes espaces des consommables et des compléments alimentaires. «Cette confusion gêne fortement les pharmaciens et les empêche de développer leur activité de parapharmacie», déplore-t-on. La situation est aggravée par la multiplicité des distributeurs. En plus des officines et des boutiques spécialisées, les produits parapharmaceutiques sont commercialisés directement par les grossistes ainsi que par des parfumeries et même des drogueries. Il n’existe donc aucune traçabilité dans ce circuit qui échappe totalement au contrôle des inspecteurs de la direction de la pharmacie et du médicament (DPM), alors que les pharmacies et les laboratoires sont strictement surveillés comme le stipule la loi. Pour la profession, l’absence de contrôle est un recul de la nouvelle loi puisque l’ancien dahir de 1960 relatif à l’exercice de la pharmacie prévoyait le contrôle de toute structure commercialisant les médicaments.
Outre le non-respect des textes, la liberté des prix de la parapharmacie, contrairement aux médicaments, explique l’anarchie dénoncée. Plusieurs pharmaciens de Casablanca et Rabat, notamment, signalent que les grossistes et les boutiques spécialisées affichent des prix inférieurs de 25 à 30 % à ceux des officines. Ce qui explique, toujours selon ces mêmes sources, la baisse de 50 % du chiffre d’affaires de la parapharmacie dans les officines. Notons que pour celles qui sont situées en centre-ville, ces produits représentent 20 à 25% du chiffre d’affaires, tandis que dans les quartiers populaires, cette part atteint seulement 5 %. Il y a donc des opportunités sur cette niche qui pèse 450 MDH dont la moitié réalisée par le circuit non autorisé.

mercredi 1 avril 2009

Gaz: Respol négocie l'exploitation du gisement découvert au large de Larache

Gaz: Respol négocie l'exploitation du gisement découvert au large de Larache L'Office national des hydrocarbures et des mines (Onhym) s'est fendu lundi, dans la soirée, d'un communiqué laconique où il confirme la découverte de deux réservoirs de gaz naturel dans la région. Mais l'Onhym s'est interdit d'avancer des chiffres quant au potentiel du gisement ou de commenter ceux avancés par ses trois partenaires, le groupe pétrolier hispano-argentin «Repsol YPF», le gazier espagnol «Gas Naturel» et le britannique Dana. Ces derniers sont d'ailleurs à l'origine de l'annonce de ces découvertes évaluées à 100 milliards de pieds cubes. Un gisement qualifié de «très important» par des experts. «Nous avions l'information depuis une semaine, mais les autorités tentaient de noyer le poisson. Mais il semble que des gisements importants se confirment au Maroc», confie un professionnel de la place. Toutefois, si l'importance du gisement est réelle, son exploitation commerciale n'est pas encore claire. Et sur ce volet, les partenaires de l'Onhym se sont passé le mot : prudence. Il n'en demeure pas moins qu'un recoupement d'informations révèle la préparation d'une opération stratégique. Ainsi, selon le pétrolier espagnol, une demande sera présentée officiellement à l'Etat marocain pour prolonger son contrat. «Nous cherchons a étendre notre licence d'exploration au Maroc pour procéder à de nouveaux travaux de recherche», nous a déclaré depuis l'Espagne Kristian Rix, directeur médias à l'international de la société Repsol. «C'est la procédure habituelle que suivent les opérateurs. Le permis de Repsol devait prendre fin prochainement. Et pour exploiter le gisement, il lui faut une licence d'exploitation de plus de 10 ans au minimum», nous explique un expert en énergie.

Du côté de l'Office national des hydrocarbures et des mines, on affirme que des négociations sont en cours avec les différents partenaires pour connaître l'issue de cette découverte. Par extension de la licence d'exploration, le responsable de Repsol entend la transformation du permis de prospection, détenu par l'Espagnol, en «concession». La seule volonté de Repsol d'aller vers une concession témoigne du «sérieux» de la chose, nous explique notre source. Il reste cependant à déterminer le potentiel commercial. Et sans entrer dans le détail du communiqué de l'office marocain, il s'agit d'un calcul d'épicerie où les compagnies pétrolières doivent définir le coût d'extraction et les marges qu'ils peuvent en tirer. Si ces marges sont concluantes, la vente peut commencer. «D'autres études sont nécessaires pour calculer la réserve et l'étendue delà découverte», explique Kristian Rix, de Repsol. Selon ce dernier, ces études prendront quelques mois de plus. Pour l'Onhym, la prudence est de mise. On annonce que les études ne vont pas se faire dans l'immédiat. «Les tests risquent d''endomrnager les réservoirs», précise l'Office. Dans un communiqué officiel, l'Onhym dit que pour «des raisons de sécurité» et pour «une meilleure planification de l'appréciation du potentiel de ces deux réservoirs», il a été décidé de suspendre momentanément les travaux pour mener au cours des six prochains mois les études technico-économiques complémentaires nécessaires a une «appréciation optimale du potentiel de ces deux réservoirs». Ces décisions ont été prises lors de la «dernière réunion» du comité de direction du partenariat ONHYM-Repsol YPF, Gas Naturel et Dana Petroleum. Aucune précision n'a été avancée quant à la date de cette réunion. Vous l'avez donc compris, l'Etat préfère tempérer le temps de s'assurer qu'il ne s'agit pas d'un deuxième «bluff», après le fiasco de «Lone Star», à Talsint

La crise menace les transferts d'argent vers le Moyen-Orient et le Maghreb :

Les transferts d'argent effectués par les ressortissants du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord vers leur pays d'origine risquent "à moyen terme" de refluer sous l'effet de la crise économique, selon une étude de Standard and Poor's publiée mercredi.

L'institut prédit "un possible ralentissement des transferts d'argent vers les pays d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient en raison de l'impact négatif du ralentissement économique sur les revenus des travailleurs à travers le monde". Le scénario central retenu par SP table ainsi sur une réduction de ces transferts "comprise entre 5 et 10%" en 2009 pour la Tunisie, l'Egypte, le Liban, la Jordanie et le Maroc.

Pour ces cinq pays, l'étude rappelle l'importance des transferts d'argent dont le montant total s'est élevé à 20,4 milliards d'euros en 2008, pesant ainsi 5% du PIB en Tunisie et en Egypte et plus de 20% du PIB au Liban.

Les transferts d'argent constituent notamment "une source significative" d'investissement dans l'immobilier et contribuent "à l'accumulation de réserves de change et à la stabilité de la monnaie", note SP, qui relève également que ces mouvements de fonds représentent "une importante source de revenus" pour les familles qui en sont les destinataires.

D'après l'étude, les balances extérieures du Liban et la Jordanie sont les plus susceptibles d'être "affectées" par un reflux, tandis que celles du Maroc, d'Egypte et de Tunisie seraient "relativement moins exposées".

SP considère toutefois que l'impact d'une chute des transferts d'argent sur la note souveraine des Etats concernés serait "probablement négligeable" et rappelle que les notes de ces cinq pays sont actuellement placées en perspective stable.