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dimanche 12 avril 2009
vendredi 10 avril 2009
Crise à Air Sénégal: les avions de Royal Air Maroc ne desservent plus Dakar
DAKAR - La compagnie aérienne Royal Air Maroc (RAM) ne dessert plus Dakar avec ses propres avions depuis mercredi et "jusqu'à nouvel ordre", et a "rapatrié" mercredi un des ses appareil utilisé par Air Sénégal International (ASI), a indiqué jeudi à l'AFP le porte-parole d'ASI Matar Diop.
"Les avions de la RAM ne viennent plus du tout à Dakar, depuis hier (mercredi) et jusqu'à nouvel ordre. Il y a un bras de fer entre deux partenaires, chacun utilise les armes qu'il a", a-t-il ajouté.
D'autre part, un avion de la RAM utilisé par ASI, qui était mercredi à Cotonou avec 106 passagers à bord, a "été rapatrié au Maroc". Aucune explication n'a été donnée à l'ASI, selon le porte-parole. Les passagers ont pris d'autres compagnies aériennes.
Royal Air Maroc et l'Etat du Sénégal sont en conflit ouvert depuis près de deux ans sur la gestion de leur filiale commune Air Sénégal International.
M. Diop s'est néanmoins déclaré confiant sur une issue prochaine au conflit.
"Nous sommes convaincus que la solution de la sagesse va prévaloir. Les relations entre les deux pays sont tellement importantes, les deux chefs d'Etat vont donner des instructions pour qu'une solution soit trouvée", a-t-il affirmé.
Air Sénégal International a été créée à la fin de l'année 2000 avec un capital détenu à 51% par la RAM et 49% par l'Etat du Sénégal.
Lundi, la justice sénégalaise a interdit à Royal Air Maroc de se retirer de la gestion d'Air Sénégal International.
Mardi, le PDG de RAM, Driss Benhima, avait annoncé son intention de faire appel.
"L'arrêt prévisible de l'activité d'Air Sénégal International est la conséquence inévitable de la situation de conflit créée par sa partie sénégalaise", indiquait un communiqué de la compagnie marocaine.
"Le tribunal (sénégalais) a prévu la désignation d'un expert judiciaire pour un nouvel audit et l'interdiction pour RAM de se retirer de la gestion d'ASI jusqu'à la fin de la mission de l'expert judiciaire, sous peine d'une astreinte financière excessivement lourde", selon la compagnie marocaine.
"RAM fait appel de la décision et se prépare à un arrêt prochain des activités d'ASI", avait affirmé le PDG de RAM.
La partie sénégalaise a réagi dans la nuit de mercredi à jeudi par un communiqué du président du conseil d'administration d'ASI, Maniang Faye.
"S'Il est effectivement exact que l'Etat du Sénégal a pris l'initiative de saisir le tribunal compétent sénégalais en la matière, cela est dû au diktat de la RAM qui, unilatéralement et brutalement, a voulu imposer une date à son partenaire pour son retrait, tant du capital que de la gestion d'ASI et ce de façon tout à fait illégale", selon le texte.
Fin 2007, l'Etat sénégalais avait annoncé sa décision de prendre le contrôle de la compagnie, en reprochant à la RAM d'avoir mal géré l'entreprise. Début 2009, la RAM a pressé l'Etat sénégalais de prendre effectivement le contrôle d'ASI, sans quoi elle se retirerait de la gestion.
mardi 7 avril 2009
Investissement : Le Maroc « trompé » par les investisseurs étrangers ?
Le Maroc serait-il berné par des investisseurs étrangers avec des annonces surdimensionnées ? En raison de la crise, certains grands projets ont été reportés ou arrêtés. Pour d’autres, il serait temps d’évoquer les responsabilités après ces signatures avec des investisseurs peu sérieux
Bien évidemment, les pouvoirs publics restent très discrets sur ce scandale qui tendrait à prouver que notre cher gouvernement a bel et bien été berné par des investisseurs peu sérieux, voire des groupement (pour certains venus d’Orient), qui auraient voulu essentiellement spéculer grâce au foncier acquis à bas prix plutôt que d’engager réellement des projets de développement infrastructurel ou touristique, d’aménagement territorial ou des ensembles immobiliers.
L’effet d’annonce a vécu et c’est avec une amertume certaine que les citoyens, qui se baladent aux abords de nos grandes villes, constatent la présence de grands panneaux annonçant telle ou telle réalisation qui, en vérité, ne verra jamais le jour.
Le Maroc, tel un gogo, est donc tombé dans le panneau et ces arnaques qui ne devraient pas rester impunies ou dissimulées. Des responsabilités, sans aucun doute, devraient être déterminées et assumées, notamment par ceux qui ont pris le risque d’engager la signature de l’Etat, sa crédibilité, sa réputation, mais aussi ses institutions, des terrains et des fonds dans des opérations quasiment fictives !
Si l’on peut comprendre, en raison des l’impact de la crise financière et économique internationale, le report probable de certains grands projets tel celui du terminal Tanger Med II, fruit d’un partenariat entre le groupe Akwa et le Danois APM, le lâchage de Nissan (parti investir en Espagne) au détriment du site de Tanger pour lequel Renault est toujours officiellement engagé, ce sont les grosses opérations foncières et immobilières d’opérateurs, prétendument riches et puissants, originaires du Golfe qui interpellent aujourd’hui les pouvoirs publics. De même, les défaillances d’aménageurs occidentaux flamboyants, candidats dans le cadre du Plan Azur, ne devraient plus être passées sous silence par un gouvernement embarrassé et pris à son propre piège des effets d’annonces surdimensionnés.
Ainsi, qu’en est-il vraiment aujourd’hui de l’avenir de la station prévue à Taghazout. Colony Capital, à qui on a fait les yeux doux pendant des mois et des mois, est-il toujours dans la course ? Ne sait-on pas, en haut lieu, que ses managers auraient récemment fait le tour des aménageurs développeurs locaux et des fonds d’investissements touristiques et hôteliers pour leur céder le projet ?
Pour plusieurs observateurs avertis et des acteurs importants du secteur, les jeux seraient faits et le show récent du PDG de Colony avec plusieurs haut responsables gouvernementaux à Agadir n’était , en fait, que « le chant du cygne »…
Il serait donc fortement question que Taghazout retombe dans l’escarcelle d’un opérateur national de premier ordre, lequel, d’ailleurs, avait été à l’origine de ce projet avant d’être évincé par le groupe Dallal Baraka qui, par la suite, prouva avec un éclat particulier son incompétence…
Mais ce qui vaut pour Colony vaut également pour le Belge Thomas et Piron, partenaire des projets Port Lixus (Larache) et actionnaire de la SAEMOG (Essaouira Mogador) et de la SAVO (Ouarzazate). Celui qui était arrivé au Maroc en fanfare, accompagné du Batave Orco, (qui a été le premier à jeter l’éponge après de juteuses plus-values au bon moment), précédé de sa réputation de spécialiste des parcours golfiques, est désormais out et c’est le Groupe Alliances Développement International, que dirige M. Alami Lazraq, qui sauve les trois projets. En effet, ADI s’est porté acquéreur de 83,5% de Port Lixus, 20% de la SAEMOG (où évolue Risma) et 20% de SAVO, accompagné d’un autre opérateur touristique et hôtelier marocain, le fonds H Partners, co-brandé par Attijariwafa bank et la Banque Populaire.
On retiendra donc de ces péripéties, que le Maroc, qui a un temps cru en l’apport extérieur en capital et en expertise, pour le tourisme, l’aménagement territorial ou l’immobilier, doit en réalité compter sur ses propres forces et quelques opérateurs de qualité qui sont présents au Maroc depuis longtemps tel Accor, actionnaire du fonds Risma et premier hôtelier du Royaume, la Somed ou le CMKD. Les « gros » investisseurs et autres « grands professionnels » venus de Dubaï, de Bruxelles, d’Amsterdam ou de Madrid (Fadesa) sont sortis en catimini, non sans réaliser, pour la plupart, de belles affaires... Un tel scandale restera-t-il impuni ?
Alliances, le chevalier blanc
Alliances Développement International s’affirme désormais comme le premier aménageur et développeur national, mais aussi comme le premier groupe immobilier et touristique intégré du pays. Il agit ainsi quasiment en chevalier blanc et prouve que la réalité de l’heure s’exprime par la montée en puissance, les capacités financières et techniques et l’expertise de groupes nationaux opérant de longue date dans leurs métiers de base, eux qui sont aptes à s’allier avec les meilleurs et les plus sérieux des étrangers.
La longue relation qui unit par exemple Alliance à Accor n’est un secret pour personne et a permis à l’un et l’autre partenaire de réaliser de grands projets, dans le tourisme et l’hôtellerie à Casablanca, Marrakech, Ouarzazate, Agadir, Essaouira, etc. C’est sans doute pour cela que M. Yann Caillère, numéro 2 d’Accor, a fait l’éloge de M. Alami Lazraq lors de l’inauguration récente du Suitehôtel de Marrakech, au moment où ADI entrait dans la SAEMOG, et pourrait apporter une participation précieuse dans d’autres projets (Sofitel Agadir notamment).
lundi 6 avril 2009
Le textile plonge : les exportations en chute de 12% à fin février
Le marasme touche aussi bien les vêtements confectionnés que la bonneterie.
Pour le seul mois de février, la chute serait de 18,5%, selon l’Amith.
Les industriels prévoient une aggravation pour les deux prochains mois. Les commandes se font rares.
Dans le secteur, on souligne que l’aggravation de la situation était prévisible en raison du recul de la consommation en Europe, en particulier les marchés anglais et espagnol qui ont été très affectés par la crise. Les estimations de l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (Amith) sont encore plus alarmantes. Selon cette association, les exportations du secteur ont dégringolé de 18,5 % pour le seul mois de février par rapport au même mois de 2007.
Les deux ou trois mois qui suivent seront certainement aussi difficiles que les deux premiers. Les professionnels pensent, en effet, que la reprise n’aura lieu qu’en juin, date à laquelle les donneurs d’ordre devraient passer ou confirmer, pour certains d’entre eux, leurs commandes. «Aujourd’hui, on note un certain attentisme chez les donneurs d’ordre qui n’ont pas encore arrêté leurs besoins. Car la majorité d’entre eux, surtout sur les marchés espagnol et britannique, ont très mal vendu en hiver et n’ont pas pu se rattraper durant les soldes puisque les ventes ont été très moyennes», explique Karim Tazi, patron du groupe Marwa. Résultat : les donneurs d’ordre disposent encore de stocks importants dont ils doivent tenir compte dans la planification des achats. Le volume des achats ne sera pas important, de l’avis de plusieurs exportateurs, vu le nombre des demandes d’échantillons. Les donneurs d’ordre sont incertains et n’ont pas encore planifié le placement de leurs commandes.
Des entreprises ont déjà réduit leur effectif
Dans l’attente de la reprise, les exportateurs se doivent de gérer les difficultés actuelles. Par exemple, face à l’effondrement du marché britannique, les entreprises situées dans les zones industrielles de Rabat, Salé et Témara sont contraintes de réduire leurs heures de travail ou comprimer leurs effectifs. Cristal Martin, entreprise spécialisée dans la maille et exportant sur le marché britannique, a été contrainte d’adopter de telles mesures.
Suite à l’effondrement de ce débouché, cette unité a vu son chiffre d’affaires chuter de 40% en 2008. La baisse s’est poursuivie au cours des deux premiers mois de 2009. Du coup, les dirigeants ont ramené le personnel de 1 300 à 750 personnes et réorganisé l’entreprise en vue de rationaliser les charges. Et pour compenser ses pertes sur le marché anglais, l’entreprise dit avoir prospecté le marché espagnol et noué des contacts porteurs.
Cristal Martin n’est pas un cas isolé. D’autres entreprises de la région de Rabat se sont tournées vers l’Espagne qui offre, à leur avis, des opportunités d’affaires. Plusieurs donneurs d’ordre, devenus plus prudents dans leurs approvisionnements, comptent quitter l’Asie pour le Maroc où ils pourront réaliser progressivement leurs commandes en optant pour des petites quantités livrables rapidement.
Le marché britannique n’est pas pour autant abandonné. Plusieurs opérateurs ont négocié avec leurs clients la possibilité de se faire payer en euros. Ce qui leur permet de compenser la dépréciation de la livre sterling intervenue en 2008. Et c’est dans le même objectif qu’ils ont également négocié une augmentation de 5% des prix des commandes.
Grâce à ces deux mesures, les exportateurs pourront reprendre quelque peu sur le marché anglais qui, selon l’Amith, a connu un frémissement en février. L’association souligne que pour le moment il est difficile d’évaluer l’impact de la crise qui ne sera maîtrisée que lorsque les entreprises bénéficieront des mesures de soutien prévues par le gouvernement.